mardi 24 février 2015

L'électrification rurale décentralisée : une réponse à la pauvreté énergétique en Afrique

PAR: CHRISTINE HEURAUX, JEAN-CLAUDE HOUSSOU

Si la pauvreté énergétique touche majoritairement les populations rurales d'Asie du Sud et d'Afrique subsaharienne (environ 600 millions de personnes dans ces deux régions), la situation est particulièrement critique dans cette dernière zone, qui enregistre les taux d'électrification les plus bas des régions en développement (31 %).
Cette tendance devrait se confirmer au cours des prochaines années, du fait de la croissance démographique, qui va générer en Afrique subsaharienne quelques 550 à 650 millions de personnes de plus sans électricité d'ici 2030. À ces disparités régionales s'ajoute un décrochage significatif en milieu rural, où les taux d'accès à l'électricité sont particulièrement contrastés : 98 à 99 % au Nord pour à peine 12 % en Afrique subsaharienne.
L'électrification rurale décentralisée, qui porte sur des zones le plus souvent éloignées de tout réseau électrique, est un enjeu crucial pour le développement du continent. Il y a aujourd'hui urgence face aux défis de taille que pose l'électrification rurale en Afrique subsaharienne, rendue d'autant plus difficile par la dissémination de l'habitat. De plus, compte tenu du niveau de pauvreté des populations rurales africaines, la faible demande en énergie rend toute politique d'électrification coûteuse et commercialement peu rentable.
Ces projets exigent dans les pays en développement des niveaux de subvention particulièrement importants à cause du manque d'infrastructures. Les décideurs sont donc généralement réticents à se lancer dans de tels programmes, d'autant plus que les États sont souvent dans l'impossibilité financière d'assumer de telles dépenses. Enfin, aux risques financiers trop élevés et difficiles à couvrir, s'ajoutent de nombreux obstacles : l'impossibilité de recourir au crédit, l'insuffisance des cadres réglementaires, la rareté des compétences locales.
La difficulté des États à financer ces programmes et l'impossibilité pour le secteur privé de rentabiliser ce type de projets les réservent donc souvent à des acteurs n'ayant pas la recherche de profit comme objectif principal ou comme seule priorité.......Lire la suite
Articles associés

Aucun commentaire: