jeudi 1 septembre 2011

Vidéoconférence au siège de la Banque Mondiale à Yaoundé

Cette vidéoconférence a été initiée par l'équipe du Centre d'Études à Distance (CED)-GDLN  du Cameroun, Mercredi, le 17août 2011.

Il s'agissait en effet de réunir les acteurs de quelques pays africains pour débattre sur la problématique de l'éclairage solaire en milieu rural, à travers l'expérience de l'institution TERI, basée en Inde.

Voir la vidéo ci dessous

Source: Youtube

vendredi 17 juin 2011

L'accès à l'électricité en milieu rural au Cameroun: Comment sortir les ménages ruraux du noir?




En milieu rural au Cameroun, l’électricité en tant que source d’énergie d’éclairage est utilisée par 29,9% des ménages. Cependant 63,5% des ménages ruraux utilisent le pétrole lampant pour le même usage. Celle-ci est la principale source d’énergie d’éclairage, étant donné que plus de 80% des ménages de certaines localités en ont recours pour satisfaire leurs besoins en éclairage.

Les faibles taux d’accès à l’électricité observés en milieu rural démontrent ici que :
-         L’électricité ne sera pas disponible dans un avenir proche ;
-         La part de la dépense pour le pétrole lampant représentera toujours une fraction importante dans les dépenses totales des ménages ruraux ;
-         Le montant alloué au pétrole lampant représentera une part importante dans le revenu moyen mensuel du ménage ;
-         Les zones rurales resteront très peu attractives et les ménages ruraux seront maintenus dans le cercle vicieux de la pauvreté.
L’objectif de cette réflexion est d’apprécier la volonté des ménages ruraux de sortir du noir, à travers l’importance accordée au changement de leur mode d’éclairage principal. Spécifiquement, il s’agira :
-         D’évaluer les dépenses mensuelles qu’ils allouent au pétrole lampant ;
-         De proposer des solutions intermédiaires pour l’éclairage des ménages ruraux.













lundi 16 mai 2011

Parution d'un livre

PRIVATISATION ET BIEN-ETRE SOCIAL: UNE ANALYSE DANS LE SECTEUR DE L’ÉLECTRICITÉ AU CAMEROUN



L'objectif de cette étude est d'évaluer l'impact de la privatisation de la Société Nationale d'Électricité (SONEL) sur le bien-être social au Cameroun. La dite société a été privatisée le 18 juillet 2001, devenant ainsi AES-SONEL, dans laquelle l'État camerounais détient 44% du capital. A partir de cette date, les consommateurs ont été confrontés à de nombreux problèmes parmi lesquels, les coupures régulières et l'augmentation des tarifs de l'électricité. Pour atteindre cet objectif, la méthode mise en œuvre a consisté en premier lieu, en l'analyse des critères d'efficacité, que sont les pertes d'énergies et les énergies non fournies (délestages). La représentation graphique de ceux-ci indique qu'il y a une relative amélioration de l'efficacité de la production à l'AES-SONEL. En second lieu, la mesure du bien-être s'est appuyée sur la détermination des tarifs aux optima de premier rang et de second rang. Celle-ci indique que la perte de bien-être social au Cameroun est d'environ 6.273.225.000 FCFA par an, dont 3.427.200.000FCFA en saison sèche et 2.846.025.000 FCFA en saison humide.

jeudi 10 mars 2011

Restitution de l'étude sur la baisse des coûts de l'électricité et de l'eau au Cameroun

La  présente étude montre l'évolution des tarifs de l'électricité et de l'eau au Cameroun. Elle permet ainsi de se faire une idée sur les tarifs pratiqués à la clientèle au cours de ces dernières années.

Elle montre aussi les différents éléments que les deux sociétés concernées intègrent dans la facturation. En plus de la TVA, qui est une composante traditionnelle, il existe aussi un autre élément qui est plutôt aléatoire...

lundi 17 janvier 2011

Plaidoyer pour la réduction des coûts de l'électricité et de l'eau au Cameroun

Ce travail est une contribution à la constitution de la base argumentaire du plaidoyer pour la réduction du coût de l’électricité et d’eau potable au Cameroun initiée par l’ONG ASDEG, avec l’appui de la Coopération Cameroun-Union Européenne / Programme d’Appui à la Structuration de la Société Civile (PASOC).

Le présent rapport est présenté en deux parties:

I. Analyse de la situation dans le secteur de l’électricité
1. Évolution des tarifs de l’électricité au Cameroun
2. Location et entretien du compteur
3. Résultats de l’étude réalisée sur le terrain
4. Essai de modélisation des prix des produits sur le marché

II. Analyse de la situation dans le secteur de l’eau
1. Evolution des tarifs de l’eau au Cameroun
2. Facturation forfaitaire à la CDE
3. Entretien et location du compteur
4. Taxes en vigueur dans le secteur de l’eau
5. Résultats de l’étude réalisée sur le terrain

Consulter le rapport final

mercredi 1 décembre 2010




Les objectifs de cet échange entre jeunes sont les suivants:
  • Présenter le potentiel que les jeunes disposent, et qui est suffisant pour entreprendre;
  • Présenter les opportunités offertes par notre environnement, qui passent inaperçues et qui sont non exploitées par les jeunes;
  • Faire partager l'expérience de certains jeunes qui ont osé entreprendre et qui ont réussi à viabiliser leurs projets malgré les difficultés rencontrées;
  • Faire prendre conscience aux jeunes qu'ils doivent en toutes circonstances oser entreprendre.

mercredi 24 novembre 2010

Les compensations financières de l'Etat à l'AES-SONEL peuvent-elles contribuer à la lutte contre la vie chère au Cameroun?

La hausse des tarifs de l'électricité par l'AES-SONEL a conduit le gouvernement camerounais à procédé à des compensations financières, selon l'article 5, alinéa 3 du contrat cadre de concession et de licence, du 18 juillet 2001, et ce, malgré la sommation de l'ARSEL, demandant au concessionnaire de revenir aux tarifs en vigueur avant avril 2010.

Si les camerounais ont apprécié cette décision du gouvernement, ayant conduit l'opérateur de revenir à l'ancienne grille tarifaire, elle n'est pas sans conséquences. Celles-ci pouvant être directe et indirecte.

De manière directe, on observe depuis ce mois, l'augmentation des frais de pénalités, qui est passé de 1200 FCFA à 4200 FCFA, lorsqu'on sait les difficultés qu'on les ménages à régler leurs factures mensuelles;
................................................. A paraître

vendredi 23 juillet 2010

La hausse des tarifs de l'électricité au Cameroun est-elle justifiée?

Dans le cadre des réformes engagées au Cameroun à partir des années quatre vingt dix, le gouvernement a entrepris de rationaliser la gestion des entreprises du secteur public et parapublic à travers la restructuration de certaines, la liquidation et la privatisation d’autres. C’est dans cette optique qu’est intervenue le 18 juillet 2001, la cession de la Société Nationale d’Electricité (SONEL) qui devint l’AES-SONEL. Les principales causes de cette privatisation sont notamment la dégradation de la structure financière et l’insuffisance des investissements. A ces dernières s’ajoute aussi des insuffisances au niveau des tarifs appliqués à la clientèle, qui ne permettaient pas d’équilibrer les finances de la SONEL, étant donné qu’il avait été établit que les consommateurs basse tension subventionnaient ALUCAM.

Cette privatisation a été marquée par deux principales innovations en ce qui concerne la basse tension, dont on va précisément s’intéresser dans le cadre de cette réflexion : la configuration de la clientèle et la nouvelle grille tarifaire.

1. L’évolution des grilles tarifaires au Cameroun

C’est à partir de 2003 (deux ans après la privatisation) que l’on a connu au Cameroun la première hausse des tarifs. La grille établie segmente les clients en fonction des usages : usages domestiques, usages professionnels et éclairage public.

Un consommateur appartient à la première catégorie lorsqu’il utilise l’électricité à des fins exclusivement domestiques (éclairage, électro-ménager, etc). Dans la seconde catégorie, il s’agit des consommateurs qui utilisent l’électricité exclusivement pour des activités commerciales, artisanales, et de services, toutes branches confondues (pharmacie, moulin à écraser, restaurant, débits de boissons,…), soit lorsque les activités ci-dessus sont couplées aux usages domestiques. L’éclairage public concerne exclusivement les communes, de 18h30 à 6h00 dans le cadre de l’éclairage des voies publiques.

Avant la privatisation, la structure des tarifs était complexe : 24 prix étaient appliqués en moyenne tension et basse tension, et ceux–ci dépendaient déjà des usages. Les prix de vente dans la catégorie basse tension étaient de 50FCFA pour une consommation inférieure ou égale à 90 kWh et 58,15FCFA au-delà des 90kWh. L’innovation apportée dans la tarification après la privatisation a été l’introduction de la saisonnalité : une saison sèche (1er janvier au 30 juin) et une saison humide (1er juillet au 31 décembre). Le prix du kWh varie donc désormais en fonction de ces saisons.

Pour les usages domestiques, la grille tarifaire est la suivante :

Pour le tarif social, les consommations sont exonérées de TVA et pour les autres, seuls les 110 premiers kWh sont exonérés de TVA.

Pour les usages professionnels, la grille tarifaire est la suivante :

Le tarif appliqué à ce segment se compose de deux termes : un terme fixe appelé prime fixe mensuelle et un terme proportionnel au niveau de consommation et de la durée d’utilisation de la puissance souscrite. Le terme fixe est de 2000FCFA, et le montant total de la prime fixe mensuelle à payer est proportionnel à la puissance souscrite lors de l’abonnement ; si celle-ci est de 2,2 kVA (kilo Volt Ampère), ce montant sera de 4400 FCFA (2000*2,2).

Pour l’éclairage public, les prix de vente de l’électricité aux communes sont de 40FCFA/kWh en saison humide et 46,5FCFA/kWh en saison sèche.

En 2007, une nouvelle grille tarifaire fût mise en place pour les abonnés basse tension, et est marquée par la suppression de la prime fixe et de la tarification par saisons. La principale information de cette nouvelle tarification est l’augmentation de la tranche sociale qui est passée de 50 kWh à 110 kWh.

Ce tableau montre que la suppression de la saison (saison sèche et saison humide) dans la tarification a conduit à un plafonnement des tarifs, qui se situe désormais à 85 FCFA/kWh pour les abonnés utilisant l’électricité à des fins domestiques, et à 92 FCFA/kWh, pour ceux utilisant l’électricité à des fins non domestiques (usage professionnel). Ce plafonnement est connu sous le nom de price-cap, qui a fait son apparition en Grande-Bretagne lors de la privatisation de certaines entreprises de services publics.

Depuis avril 2010, une nouvelle grille tarifaire a été mise en place par l’AES-SONEL, et se présente comme suit :

Cette grille indique à nouveau un plafonnement des tarifs d’électricité, se situant à 95 FCFA/kWh pour les abonnés domestiques et à 96 FCFA/kWh pour les abonnés professionnels.

L'analyse ainsi faite indique qu’en une décennie, l’on a assisté à trois augmentations des tarifs d’électricité. Cette dernière a ainsi marqué le point de discorde entre la tutelle (Ministère de l’Energie et de l’Eau-MINEE), l’Agence de Régulation du Secteur de l’Electricité (ARSEL), et le concessionnaire du service public AES-SONEL. Toutefois, ces augmentations sont elles réellement justifiées ?

2. La hausse des tarifs de l’électricité est–elle réellement justifiée ?

La loi 98/022 du 24 décembre 1998, régissant le secteur de l’électricité avait pour objectif de préparer la privatisation de la SONEL, et consistait à mettre en place un cadre réglementaire adéquat à la gestion du secteur. Elle a été marquée par la création de l’ARSEL (titre 4, chapitre 2), qui est chargée entre autre, comme le précise l’article 42 :

- De veiller aux intérêts des consommateurs et assurer la protection de leurs droits pour ce qui est du prix, de la fourniture et de la qualité de l’énergie électrique;

- De mettre en œuvre, suivre et contrôler le système tarifaire établi, dans le respect des méthodes et procédures fixés par l’Administration chargée de l’électricité (…).

La création de l’Agence de Régulation avait donc pour but de contrôler le repreneur quant aux abus dont les consommateurs pouvaient être victimes, étant donné que la privatisation devait automatiquement s’accompagner d’une augmentation des tarifs de l’électricité.

En parcourant le contrat cadre de concession et de licence en son article 5 (tarifs de vente au détail exclusive), l’on s’aperçoit effectivement que des augmentations sont prévues durant les deux premiers quinquennaux suivant la privatisation, ainsi que les formules de contrôle des tarifs de l’électricité. Ces augmentations sont de l’ordre de 3% pour la première période quinquennale, et de 5% pour la deuxième ; l’ajustement devant se faire sur la base d’une révision d’au moins 10%. La lecture de ce contrat indique donc que les consommateurs devaient faire face à deux augmentations au maximum au bout de dix ans, c’est-à-dire jusqu’en 2011. Cependant, qu’est ce qui peut justifier la troisième augmentation dont on a été victime en avril dernier ?

Pour répondre à cette interrogation, l’on va se référer à l’alinéa 2 de l’article 5 du contrat cadre de concession et de licence, qui stipule que « par dérogation, (…), les formules de contrôle des tarifs, les formules de contrôle des tarifs dérivés ou les formules de contrôle des revenus dérivés pourront être révisés de manière exceptionnelle et à tout moment en cas d’événement imprévisible et extérieur à la volonté de la SONEL ou de l’Agence. (…) A cet effet, la SONEL fera une proposition de révision à l’Agence. La révision de formules de contrôle des tarifs, des formules de contrôle des tarifs dérivés ou des formules de contrôle des revenus dérivés sera effectuée par l’Agence en concertation avec la SONEL. Cette révision pourra s’accompagner, également sur décision de l’Agence, et après consultation de la SONEL, d’une modification des obligations quantitatives et qualitatives de la SONEL (…) »

On constate que cette clause autorise la révision des tarifs de l’électricité à tout moment, à condition que survienne un événement imprévisible. De quel événement imprévisible s’agit-il ? Aucune précision n’est faite à ce niveau dans le contrat, et l’on aimerait bien avoir une liste, fût-elle exhaustive des événements que l’on pourrait caractériser d’imprévisibles selon l’AES-SONEL.

En se référant au dictionnaire français, l’imprévisible renvoie à ce qui ne peut être prévu. Il s’agit en effet d’un événement dont la survenance est inattendue. S’il n’est certes pas aisé de caractériser un tel événement, l’on peut tout de même recenser ceux qui sont jugés normaux ou conventionnels, afin de se faire une idée de ceux que l’on pourrait classer parmi les événements imprévisibles.

Il y a une faille à ce niveau qui donne une marge de manœuvre assez importante à l’AES-SONEL en ce qui concerne les propositions de révision des tarifs auxquelles l’ARSEL ne peut réellement s’opposer. Toute opposition devant entrainer des compensations, comme le précise l’alinéa 3 de l’article 5 : « (…), l’Agence pourra, à titre exceptionnel s’opposer à la révision des tarifs proposés par la SONEL. Dans ce cas, l’Agence, le Ministre chargé du secteur de l’Electricité et le Ministre chargé des Finances détermineront, après consultation de la SONEL, toute forme de compensation appropriée au profit de cette dernière pour compenser son manque à gagner à ce titre. ». Ceci confirme effectivement la marge de manœuvre importante qu’à l’AES-SONEL sur le gouvernement camerounais.

L’augmentation des tarifs de l’électricité a conduit à la diffusion d’un communiqué, sommant l’AES-SONEL de revenir à l’ancienne grille tarifaire. Cette prise de position a marqué une fracture entre le MINEE et l’ARSEL. Cette dernière étant accusée de n’avoir pas respecté l’une des ses obligations contractuelles qui est de préserver les intérêts des consommateurs. L’on a donc assisté à la remise en cause du rôle des uns et des autres. Cependant, l’Agence peut elle réellement s’opposer à l’augmentation des tarifs quand le contrat et le cahier de charges le prévoient ? Nous avons vu ci-dessus que toute opposition ne peut s’accompagner que des mesures compensatoires de la part de l’Etat et après consultation de l’AES-SONEL. Ces mesures ont donc été apportées par l’Etat camerounais, ou alors le seront, pour compenser les manques à gagner de la société. Cette opposition à la hausse des tarifs de l’électricité, par le Ministre de l’Energie, sonne plutôt comme une mesure visant à apaiser les tensions sociales déjà créées au sein des consommateurs.

En somme, on observe que la troisième hausse des tarifs n’est pas une surprise et pourrait ne pas être la dernière sur cette décennie, étant donné que le contrat le prévoit. Toute opposition devant entrainer une compensation de la part du l’Etat. Mais l’Etat aura-t-il les moyens nécessaires pour compenser à chaque fois la hausse des tarifs proposée par le concessionnaire ?

Bien que l’augmentation des tarifs ait constitué le point de discorde entre le MINEE et l’ARSEL, on doit par ailleurs noter qu’elle est bien justifiée et était prévisible d’après l’article 5, al 2 du contrat cadre de concession et de licence.

Les défaillances observées montrent que la privatisation de la SONEL a été mal menée, étant donné que plusieurs clauses sont à l’avantage du repreneur. Tout a donc été biaisé dès le départ et l’on se demande comment tout un Etat s’est laissé emporté et berné par un groupe d’intérêts étranger ? En se focalisant uniquement sur l’article 5 du contrat, l’on pense que sa modification est impérative, afin qu’il ne soit pas uniquement à l’avantage du concessionnaire, cependant l’on devra encore attendre jusqu’en 2021, date butoir de la fin dudit contrat, c'est-à-dire dans dix ans. Gardons espoirs et restons patients.

mardi 20 avril 2010

L'électricité et l'éclairage: y a t-il une différence fondamentale? De quoi a t-on réellement besoin?

L'électricité et l'éclairage: y a t-il vraiment une différence?

Certains diront sans hésiter, l'électricité pour dire l'éclairage, étant donné qu'il n'existe pas selon eux, de différence fondamentale. D'autres par contre feront un choix, par ce qu'ils trouvent qu'il existe une différence nette entre les deux.

L'électricité est obtenue à partir des sources telles que l'eau (hydro électricité); le vent (énergie éolienne); la chaleur du sol (énergie géothermique); le sous sol marin (énergie des marées); le soleil (énergie solaire). La présence d'électricité est indispensable pour les usages domestiques (éclairage, utilisation des appareils...) et professionnels (petit commerce...).

L'on constate donc que l'électricité résout les problèmes d'éclairage et permet aussi de satisfaire les besoins d'information (utilisation de son poste radio par exemple) et de communication (recharge permanente de son téléphone portable par exemple). A ce stade l'on a raison de dire qu'électricité et éclairage sont une seule et même entité.

L'éclairage désigne la présence de lumière dans un espace défini et précis. On dira par exemple qu'une pièce éclairée est une pièce où il y a la présence d'une lumière, quelque soit son origine. En journée, l'on reçoit de la lumière qui provient des rayons du soleil, et il ne s'impose pas la nécessité de s'éclairer à travers l'électricité. A ce stade l'on peut constater qu'électricité et éclairage sont deux entités différentes. L'électricité permet certes d'avoir l'éclairage, mais l'éclairage peut être obtenu en absence d'électricité.

Reprenons la question ci-dessus: de quoi a t-on réellement besoin, de l'électricité ou de l'éclairage?

L'on répondra en disant que cela dépend de sa zone de résidence. En milieu urbain, les ménages disposent des appareils qui nécessitent la présence d'électricité (fer à repasser, réfrigérateur, ordinateurs, téléviseur...), ce qui les rend dépendant de cette forme d'énergie, et ils sont prêts à sacrifier tous les mois une part importante de leurs revenus au paiement de leurs factures, afin de ne pas être en rupture. En faisant le tour dans la théorie économique, on peut considérer l'électricité comme un bien à demande inélastique, c'est à dire un bien dont la demande diminue très peu lors que son prix augmente. En effet, l'augmentation du prix d'un kWh entraîne une réduction très faible de la consommation totale mensuelle. La raison est liée au fait que les appareils disponibles dans le ménage seront toujours utilisés de la même manière que si les prix n'avaient pas subi une augmentation (un réfrigérateur par exemple utilisé pour la conservation des aliments).

En milieu rural par contre les ménages utilisent majoritairement le pétrole lampant pour l'éclairage de leur logement, et ont plus des besoins en éclairage qu'en électricité, étant donné qu'ils ne disposent pas le plus souvent des appareils de forte consommation, ou de consommation continue, tels des réfrigérateurs. En journée, la situation est identique quelque soit le milieu de résidence. tout le monde à accès à l'éclairage, ou mieux tout le monde dispose de la lumière. La nuit tombée, les lampes tempêtes dominent l'éclairage en milieu rural, indiquant ainsi que les besoins de ces derniers sont principalement liés à l'éclairage.

Comment peut-on satisfaire ce besoin en éclairage pour les populations rurales?

Plusieurs solutions sont envisagées: la connexion au réseau principal, la construction des micro centrales hydroélectriques dans les villages, ou l'utilisation des panneaux solaires qui est très coûteuse et nécessite un investissement important ne pouvant pas être supporté par les population rurales. Une solution simple et adéquate pour satisfaire ce besoin serait d'utiliser les lampes solaires.

Il en existe plusieurs, mais l'on va présenter deux types:


Le dispositif de gauche dispose d'un panneau solaire (format A5), d'une lampe rechargeable à partir de cette plaque solaire qui, est aussi utilisée comme chargeur de téléphone portable. Le dispositif de droite dispose d'un panneau solaire (format A4) et d'une lampe rechargeable. Ils sont très pratiques pour les populations rurales qui ne disposent pas d'un éclairage propre et parcourent de très longues distances pour recharger leurs téléphones portables.

Il est donc possible en milieu rural, de remplacer les lampes à pétrole par des lampes solaires, dont l'usage est facile et d'une très grande portée pour l'atteinte des OMD
  • OMD 1: Réduire l'extrême pauvreté et la faim: En milieu rural, l'éclairage par les lampes solaires favorise le développement du petit commerce dans la nuit, étant donné que celui-ci se fait exclusivement en journée;
  • OMD 2 : Assurer l'éducation primaire pour tous: ce dispositif facilite l'étude des enfants en soirée;
  • OMD 3 :Egalité des sexes et autonomisation des femmes: ce dispositif accroît les chances de jeunes filles d'achever un cycle complet d'études primaires, voire secondaire;
  • OMD 4, 5: Réduire la mortalité infantile; Assurer la santé maternelle: Ce dispositif est pratique dans les centres de santé, dispensaires et hôpitaux des zones rurales, pour les consultations infantiles et les accouchements nocturnes, dont certains se font en présence de lampes tempêtes. De plus la mortalité infantile est aussi en partie causée par l'inhalation de la fumée issue de l'utilisation des lampes à pétrole;
  • OMD 7: Assurer un environnement durable: les lampes solaires produisent un éclairage propre qui respecte l'environnement, du fait qu'elles n'émettent pas de CO2, contrairement aux lampes à pétrole traditionnelles qui émettent une quantité importante de gaz carbonique, qui est l'un des principaux gaz à effet de serre.

Site web à consulter: www.lightingafrica.org
Articles à consulter: Cliquer ici ou ICI


dimanche 21 mars 2010

Déterminants et impacts de la fraude des consommateurs d’électricité au Cameroun

Depuis la privatisation de la SONEL le 18 juillet 2001, l'on a assisté à une succession de grilles tarifaires, dont la dernière (2007) a été marquée par un plafonnement des tarifs d'électricité (connu sous le nom de price-cap) pour les consommateurs de la basse tension.

A ces tarifs fluctuants, s'est aussi ajouté l'arrivée de nouveaux compteurs, qui selon les consommateurs, ne respectent pas les normes et contribuent à grossir les consommations mensuelles, entraînant ainsi une augmentation du montant à payer.

Ces éléments suffisent ils à justifier la fraude des consommateurs d'électricité qui va grandissante?

Bien que la fraude soit un délit passible de sanctions, le fraudeur est tout de même un individu rationnel qui cherche à maximiser sa satisfaction, en s'ajustant au comportement de son fournisseur qu'est l'AES-SONEL.

I. Les déterminants de la fraude des consommateurs d’électricité

I.1. La fraude des consommateurs d’électricité : comportement rationnel et pénal

I.2. Les causes de la fraude des consommateurs au Cameroun

II. Impacts de la fraude des consommateurs d’électricité

II.1. Les impacts de la fraude sur les fraudeurs

II.2. Les impacts de la fraude sur les recettes de l’AES-SONEL

A paraître...



vendredi 11 décembre 2009

Energies renouvelables et développement de la région de l'ouest Cameroun

Cette communication a été présentée lors du premier Salon des Communes de l'Ouest (SACO), qui s'est tenu à Bandjoun du 8 au 11 décembre 2009. Il avait pour thème : "la contribution des partenaires et de la diaspora au développement de l'ouest Cameroun".
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La dite communication était intégrée dans la table ronde dont le thème était: "Environnement et importance des énergies renouvelables pour l'amélioration des conditions de vie des populations à l'ouest Cameroun".
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Elle montre que les ménages de la région de l'ouest peuvent contribuer volontairement à hauteur de 366 679 110 FCFA, au financement de leur propre kit solaire, dans le but d'améliorer leurs conditions de vie. Ce consentement à payer permet d'acquérir 1018 kits solaires en un an.

samedi 17 octobre 2009

Le marché de la téléphonie mobile au Cameroun : concurrence déguisée ou monopole concurrentiel ?

Au sens courant, le marché est le lieu où les offres des vendeurs rencontrent les demandes des acheteurs qui s’ajustent à un certain prix. L’offre désigne la quantité de biens et services que les vendeurs sont prêts à céder pour un prix donné. La demande désigne quant à elle la quantité de biens et services que les acheteurs sont prêts à acquérir à un prix donné, compte tenu de leurs revenus et leurs préférences.

Un marché de concurrence se matérialise par la présence de nombreux vendeurs et de nombreux acheteurs, alors que le marché de monopole se traduit par la présence d’un seul offreur qui fait face à de nombreux demandeurs. Le marché de la téléphonie mobile au Cameroun ne correspond à aucun de ces deux types de marchés, car l’on rencontre deux offreurs principaux (MTN et ORANGE), qui font face à plusieurs demandeurs. Il s’agit donc dans ce cas d’un marché que l’on peut caractériser de duopole, qui est un cas particulier d’un marché d’oligopole, que l’on observe lorsqu’il y a la présence de quelques offreurs et de plusieurs demandeurs. Le marché de la téléphonie mobile sera donc caractérisé d’oligopole si l’on considère CAMTEL comme troisième opérateur. On va supposer dans un premier temps qu’il s’agit d’un duopole, puisque l’on s’efforce de faire comprendre à l’opinion que ce dernier opère dans la téléphonie fixe.

Un marché de duopole se caractérise par la présence de deux entreprises qui offrent des biens ou des services satisfaisant le même besoin. Le modèle de concurrence opéré dans ce type de marché peut se faire soit par les quantités offertes par chaque entreprise, soit par les prix proposés aux demandeurs. Le premier modèle est connu sous le nom de duopole à la « Cournot» et le second, de duopole à la « Bertrand » (des noms de ceux qui définissent ces formes d’équilibre). Cournot propose donc une guerre par les quantités et Bertrand, une guerre par les prix. Cependant, il existe une troisième forme, qui n’est pas une concurrence au sens propre du terme : le duopole à la « Stackelberg », qui considère qu’il existe une entreprise « leader » et une autre considérée comme « suiveur ». Le suiveur réagit (c’est à dire offre son produit) en fonction de l’action du leader, qui contrôle une part importante du marché.
.MTN et Orange mènent ils une guerre par les quantités ?
L’offre sur le marché de la téléphonie mobile au Cameroun se caractérise par des produits identiques, offerts à tous les consommateurs : il s’agit du téléphone portable et ses accessoires ; d’une puce et des cartes de crédit de communication.

Le phénomène observé depuis quelques années est celui de l’arrivée des « packs », dont l’achat donnait droit à l’offre d’une puce supplémentaire en plus de celle contenue dans ledit téléphone ; ce qui conduisait l’acheteur à détenir deux puces. Cette technique a été proposée par nos deux opérateurs et seul le prix du pack était considéré comme l’indicateur de convergence vers l’un plutôt que chez l’autre. Ceci montre que la guerre par les quantités offertes tourne donc à une bataille au niveau des prix. L’équilibre réalisé ici n’est donc pas celui de Cournot.

Qu’en est-il de la guerre des prix ?

Les coûts de communication ont connu d’énormes mutations depuis l’arrivée des deux opérateurs sur le marché de la téléphonie mobile. De 340 FCFA la minute au début des années 2000, le coût maximal s’élève aujourd’hui à 180 FCFA par minute. Cette baisse serait-elle le résultat d’une guerre ouverte entre MTN et Orange pour retenir l’attention des consommateurs afin d'accroître leurs parts de marché ?

A partir de 2005, des affiches, banderoles et plaques publicitaires inondent la ville, laissant apparaître cette phrase restée célèbre : « fractionner vos minutes en secondes » ; celle-ci fut accompagnée plus tard d’une autre : « parlez dix secondes et payez dix secondes ». Tels sont en quelques mots, résumé la nouveauté apportée par MTN dans la tarification des appels téléphoniques. Ainsi apparaissait pour la première fois au Cameroun la tarification à la seconde, facturée à 5FCFA. Les consommateurs s’apercevaient qu’ils payaient effectivement pour le temps de communication passé, et non plus pour la minute, autrefois indivisible. Toutefois, la minute de communication passée par cette option restait plus coûteuse que la même minute, passée dans les options classiques et dont le coût était estimé à 240 FCFA.

Le même mode de tarification, que l’on pourrait qualifier de ‘‘copie conforme à l’original’’ a été repris quelques mois plus tard par Orange, du fait de la ruée des nouveaux utilisateurs, vers l’opérateur MTN, et des intentions affichées par les non consommateurs relatifs (ceux qui ne disposaient pas encore d’un téléphone, mais qui étaient susceptibles d’acheter un dans l’avenir).

Cette copie conforme par Orange a conduit MTN à revoir le coût d’une seconde d’appel, qui passait de 5FCFA à 3FCFA, pour les appels de MTN à MTN. Une fois de plus quelques mois plus tard, le même tarif fut proposé par Orange pour les appels en direction de son réseau. On peut constater l’existence réelle d’une concurrence par les prix, ou concurrence à la Bertrand. Cependant, l’on peut se permettre de se poser deux questions :
- S’agit-il d’un duopole à la Stackelberg, où il ya un leader qui est MTN et un suiveur qui est Orange ?
- S’agit-il d’une stratégie mise en place par nos deux opérateurs pour montrer qu’il existe bien sur ce marché une concurrence par les prix ?

Pour répondre à la première interrogation, l’on dira que nous ne sommes pas en présence de ce type de duopole, du fait que certaines offres ont été proposées par Orange, et reprises ensuite par MTN, indiquant ainsi que chaque entreprise se comporte à certains moments comme leader et à d’autres comme suiveur. De plus, le nombre d'abonnés déclaré par chaque opérateur (trois millions chacun) indique bien qu'ils se partagent équitablement le marché, et donc pas de leader et de suiveur.

Puisque nos deux opérateurs en concurrence offrent des services identiques à des intervalles de temps plus ou moins réguliers, l’on peut penser qu’il y a une entente, et donc une concurrence déguisée. Cette offre identique ne conduit pas le consommateur à effectuer un arbitrage rationnel lors du choix de son opérateur. Il est donc le plus souvent guidé dans son choix par celui opéré par ses connaissances (amis, famille…), et au lieu de choisir entre MTN et Orange, il choisi à tout moment entre MTN et MTN d’une part, et Orange et Orange d’autre part. Bref il choisit dans tous les cas le même service proposé par deux opérateurs, qui ne diffèrent que par leurs raisons sociales. Nous sommes donc dans une situation de monopole où il y a deux opérateurs qui font croire en l’existence d’une concurrence sur ce marché.

Que fait l’Agence de Régulation des Télécommunications face à cette situation ?

L’Agence de Régulation des Télécommunications (ART) est l’organe en charge de la réglementation dans ce secteur. Elle doit pour cela protéger les consommateurs des abus qu’ils sont susceptibles de subir de la part de MTN et Orange, notamment en ce qui concerne le coût de la communication qui est jugé élevé par une part importante des consommateurs. Bien que les prix aient connu une baisse, l’on s’aperçoit que ceux-ci pourraient encore baisser sans toutefois occasionner des déficits pour nos deux opérateurs. En effet, l’envahissement de nos trottoirs par les « call-box » montre bien que le coût de la communication est élevé, pour toute personne souhaitant passer un appel de son téléphone portable. Comment expliquer que la minute d’appel de son téléphone portable soit deux à trois fois plus coûteuse que la même minute passée à partir d’un call-box ? Qu’est ce qui peut bien expliquer cette différence ? Nous aimerions tous bien avoir des explications sur cet énorme gap. Si les opérateurs qui octroient des lignes de téléphones pour call-box ne sont pas en mesure de nous donner des arguments convaincants sur cette différence de tarifs, alors l’ART peut tout de même le faire. Puisque l’Agence ne le fait pas, alors on peut conclure qu’elle encourage cette concurrence déguisée et contribue à la constitution d’un monopole sur le marché de la téléphonie mobile. En effet, s’il est possible de communiquer à 75FCFA ou 65FCFA par minute à partir d'un call box, alors cela est aussi possible à partir de son téléphone portable. Pourquoi créer la ruée vers les call-box alors que chaque utilisateur pourrait passer des appels à partir de son téléphone? Nous attendons vivement des explications de l’ART, car elle représente l’organe de défense des intérêts des consommateurs.

L’arrivée du troisième opérateur CAMTEL
Bien qu’opérant dans la téléphonie fixe, l’on a pu observer que cette entreprise s’est aussi lancée dans la téléphonie mobile, dont on dit être « fixe mobile », c’est-à-dire un téléphone qui n’est ni fixe ni mobile ou alors en même temps fixe et mobile, selon l’appréhension de chacun. Le plus important est que l’on constate qu’elle livre une concurrence par les prix avec les deux opérateurs « historiques » que sont MTN et Orange. En effet, le faible coût de la minute de communication montre bien que les tarifs pourraient aussi connaitre une baisse chez les deux autres opérateurs, même si ce coût réduit peut s’expliquer par les infrastructures que dispose la CAMTEL, du fait de son statut d’ex entreprise publique, qui bénéficie des installations de l’Etat. Toutefois cet argument n’est pas suffisant pour expliquer ces faibles coûts de communication, lorsqu’on constate que MTN et Orange permettent de communiquer à des coûts identiques, à partir des call-box.

En somme, on peut dire que l’adoption et la vulgarisation du téléphone portable a permis de faire passer son taux de possession de 7,6% à 44,9% entre 2001 et 2007, soit de 19,9% à 81,4% en milieu urbain, et de 1% à 23,4% en milieu rural sur la même période (sources : ECAM1 et ECAM2). Cependant, l’on note l’existence de deux opérateurs en concurrence dans ce secteur : MTN-Orange et CAMTEL. Les deux premières ne diffèrent que par leurs raisons sociales et mènent une concurrence déguisée entretenue par l’ART, qui a favorisé la constitution de ce monopole. L’arrivée de la CAMTEL dans ce secteur a aussi renforcé la fusion de ces deux entreprises, qui se sont associées pour mieux combattre l’ « ennemi ».

vendredi 14 août 2009

La contribution de l'énergie à la réduction de la pauvreté en milieu rural au Cameroun

L’objectif de cette étude est d’analyser la relation énergie et pauvreté en milieu rural au Cameroun.
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La méthode mise en œuvre consiste en premier lieu à une analyse statistique qui a conduit à l’observation des taux d’accès aux sources d’énergie prises en compte dans l’étude : bois de feu, électricité, gaz domestique et pétrole lampant. En second lieu, l’analyse économétrique s’est attelée à construire un modèle à équations simultanées, dont l’estimation s’est faite par la méthode des doubles moindres carrés.
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Les résultats obtenus montrent que la pauvreté du ménage, ainsi que la distance séparant le logement du poteau électrique expliquent statistiquement l’accès effectif à l’électricité. Ce qui traduit qu’un ménage pauvre a des possibilités limitées d’avoir effectivement accès à l’électricité. La relation énergie et pauvreté a révélé que l’accès effectif à l’électricité explique la pauvreté en milieu rural, ce qui indique que la pauvreté peut aussi être causée par la faible consommation d’énergie. Toutefois, l’accès effectif est une condition nécessaire au développement des activités génératrices de revenus, mais pas suffisante pour réduire la pauvreté en milieu rural. Cette réduction par le biais de l’accès effectif à l’électricité doit se faire à travers l’amélioration du niveau d’instruction et de l’orientation de celui-ci vers l’enseignement secondaire technique.
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samedi 4 juillet 2009

La pauvreté énergétique: qu'est ce que c'est?

Un ménage est pauvre sur le plan énergétique s’il n’est pas capable d’assurer le chauffage de son logement de manière continue et à un coût raisonnable (GORDON, 2002). Cette définition tirée de la littérature est celle utilisée dans les études menées dans les pays développés, précisément en Europe. Au Cameroun, la pauvreté énergétique est définie comme un manque d’accès des populations à des services énergétiques en qualité et en quantité, fiables, efficaces, durables et de manière continue[1].

Alors que la pauvreté énergétique est évaluée dans les pays développés pour les ménages qui disposent de l’électricité, celle-ci est définie au Cameroun en fonction du manque d’accès des ménages à cette source d’énergie. Selon cette dernière, sont considérés comme pauvres sur le plan énergétique, les ménages qui n’ont pas accès à l’électricité. La première approche quant à elle fait intervenir le seuil de pauvreté énergétique, qui correspond au montant des dépenses affecté à l’énergie, en-dessous duquel un ménage sera considéré comme non pauvre sur le plan énergétique. Selon la définition officielle en vigueur au Royaume Uni, sont considérés en situation de pauvreté énergétique les ménages qui doivent utiliser plus de 10% de leur revenu pour couvrir leurs dépenses énergétiques (DEFRA et DTI, 2001).
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Deux éléments principaux permettent de définir la pauvreté énergétique dans un ménage : les revenus et la consommation énergétique (DUBOIS, 2007).

Tout d’abord, la prise en compte du revenu dans la définition de la pauvreté permet de la représenter à travers un seuil ou ‘‘ligne de pauvreté’’, qui peut être absolue ou relative La ligne de pauvreté relative est définie par rapport à la distribution générale des revenus ou de la consommation dans un pays. La ligne de pauvreté absolue est quant à elle ‘‘associée à certaines normes absolues sur les éléments dont les ménages doivent disposer pour couvrir leurs besoins fondamentaux (COUDOUEL et al., 2002). Elle est souvent fondée sur des estimations du coût de certaines denrées de base, par exemple le coût d’un panier de biens nutritionnels.
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Cette approche est rarement employée pour définir la pauvreté énergétique, bien que certaines études l’emploient, à l’instar de celle menée par FOSTER et al., (2000), qui tentent de définir une ligne de «fuel poverty» à partir d’enquêtes sur les ménages au Guatemala. Ils utilisent pour cela les données sur les consommations énergétiques des ménages dont les dépenses par habitant se situent dans une bande de 10% autour de la ligne officielle de pauvreté. La définition employée au Royaume Uni ne fixe pas une telle ligne puisque sont considérées en situation de pauvreté énergétique les personnes qui doivent dépenser plus de 10% de leur revenu pour couvrir leur consommation d’énergie.

La définition de la pauvreté énergétique pourrait donc être représentée sur un graphique semblable à celui ci-dessous, où tous les ménages situés au-dessus de la ligne sont considérés comme pauvres sur le plan énergétique.
La pauvreté énergétique recouvre donc une réalité différente de la pauvreté en général. En effet, certaines personnes peuvent être pauvres mais non en situation de pauvreté énergétique, et réciproquement, il peut exister des personnes non-pauvres mais qui sont cependant en situation de pauvreté énergétique. Ce type de pauvreté n’est donc que partiellement lié aux revenus, puisqu’elle découle aussi de l’importance de la consommation énergétique des ménages.

Le niveau de la consommation énergétique entre dans la définition de la pauvreté énergétique au Royaume Uni, puisque celle-ci s’appuie sur les dépenses énergétiques que les consommateurs «doivent» effectuer. Tout d’abord, certains ménages peuvent affecter moins de 10% de leurs revenus à leur consommation énergétique alors qu’ils devraient consommer plus pour maintenir la température de leur logement à un niveau suffisamment élevé. Ces consommateurs rationnent leur consommation énergétique et il faut donc les inclure dans les populations en situation de pauvreté énergétique.

Ensuite, d’autres consommateurs peuvent dépenser plus de 10% de leurs revenus pour leur consommation énergétique sans pour autant «devoir» réaliser ces dépenses. Ces consommateurs présentent une surconsommation d’énergie, qui peut avoir différentes origines telles qu’un gaspillage, une mauvaise efficacité énergétique de leur logement, etc. Enfin, définir la pauvreté énergétique à partir du budget des ménages consacré aux dépenses énergétiques soulève la question du seuil de pauvreté énergétique.
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Quel est le seuil de pauvreté énergétique au Cameroun?
Quels sont les déterminants de la pauvreté énergétique au Cameroun?
Réduire la pauvreté énergétique peut elle permettre de réduire la pauvreté ?
Pour en savoir plus, se reférer à ma thèse de doctorat

Autres articles qui traitent de cette question: Le concept de pauvreté énergétique; ou en anglais The concept of energy poverty
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COUDOUEL, A. ; HENTSCHEL, J. S. et WODON, Q. T. (2002), ‘‘Mesure et analyse de la pauvreté’’, in : KLUGMAN, J. (Ed.), Poverty reduction strategy sourcebook, World Bank.
DEFRA et DTI (2001), The UK fuel poverty strategy, DTI, London
DUBOIS, U. (2007), ‘‘La pauvreté énergétique : quelles définitions ? Comment la mesurer ? ADIS - GRJM, Université de Paris Sud 11, Version préliminaire.
FOSTER, V., TRE, J. P. et WODON, Q. (2000) ‘‘Energy prices, energy efficiency, and fuel poverty’’, working paper, World Bank.
GORDON. D. (2002), ‘‘Predicting fuel poverty at small area level’’, Rapport, University of Bristol, Townsend Centre for International Poverty Research
[1] Définition tirée du Plan d’Action National Energie pour la Réduction de la Pauvreté (PANERP, 2005).