mercredi 24 novembre 2010

Les compensations financières de l'Etat à l'AES-SONEL peuvent-elles contribuer à la lutte contre la vie chère au Cameroun?

La hausse des tarifs de l'électricité par l'AES-SONEL a conduit le gouvernement camerounais à procédé à des compensations financières, selon l'article 5, alinéa 3 du contrat cadre de concession et de licence, du 18 juillet 2001, et ce, malgré la sommation de l'ARSEL, demandant au concessionnaire de revenir aux tarifs en vigueur avant avril 2010.

Si les camerounais ont apprécié cette décision du gouvernement, ayant conduit l'opérateur de revenir à l'ancienne grille tarifaire, elle n'est pas sans conséquences. Celles-ci pouvant être directe et indirecte.

De manière directe, on observe depuis ce mois, l'augmentation des frais de pénalités, qui est passé de 1200 FCFA à 4200 FCFA, lorsqu'on sait les difficultés qu'on les ménages à régler leurs factures mensuelles;
................................................. A paraître

vendredi 23 juillet 2010

La hausse des tarifs de l'électricité au Cameroun est-elle justifiée?

Dans le cadre des réformes engagées au Cameroun à partir des années quatre vingt dix, le gouvernement a entrepris de rationaliser la gestion des entreprises du secteur public et parapublic à travers la restructuration de certaines, la liquidation et la privatisation d’autres. C’est dans cette optique qu’est intervenue le 18 juillet 2001, la cession de la Société Nationale d’Electricité (SONEL) qui devint l’AES-SONEL. Les principales causes de cette privatisation sont notamment la dégradation de la structure financière et l’insuffisance des investissements. A ces dernières s’ajoute aussi des insuffisances au niveau des tarifs appliqués à la clientèle, qui ne permettaient pas d’équilibrer les finances de la SONEL, étant donné qu’il avait été établit que les consommateurs basse tension subventionnaient ALUCAM.

Cette privatisation a été marquée par deux principales innovations en ce qui concerne la basse tension, dont on va précisément s’intéresser dans le cadre de cette réflexion : la configuration de la clientèle et la nouvelle grille tarifaire.

1. L’évolution des grilles tarifaires au Cameroun

C’est à partir de 2003 (deux ans après la privatisation) que l’on a connu au Cameroun la première hausse des tarifs. La grille établie segmente les clients en fonction des usages : usages domestiques, usages professionnels et éclairage public.

Un consommateur appartient à la première catégorie lorsqu’il utilise l’électricité à des fins exclusivement domestiques (éclairage, électro-ménager, etc). Dans la seconde catégorie, il s’agit des consommateurs qui utilisent l’électricité exclusivement pour des activités commerciales, artisanales, et de services, toutes branches confondues (pharmacie, moulin à écraser, restaurant, débits de boissons,…), soit lorsque les activités ci-dessus sont couplées aux usages domestiques. L’éclairage public concerne exclusivement les communes, de 18h30 à 6h00 dans le cadre de l’éclairage des voies publiques.

Avant la privatisation, la structure des tarifs était complexe : 24 prix étaient appliqués en moyenne tension et basse tension, et ceux–ci dépendaient déjà des usages. Les prix de vente dans la catégorie basse tension étaient de 50FCFA pour une consommation inférieure ou égale à 90 kWh et 58,15FCFA au-delà des 90kWh. L’innovation apportée dans la tarification après la privatisation a été l’introduction de la saisonnalité : une saison sèche (1er janvier au 30 juin) et une saison humide (1er juillet au 31 décembre). Le prix du kWh varie donc désormais en fonction de ces saisons.

Pour les usages domestiques, la grille tarifaire est la suivante :

Pour le tarif social, les consommations sont exonérées de TVA et pour les autres, seuls les 110 premiers kWh sont exonérés de TVA.

Pour les usages professionnels, la grille tarifaire est la suivante :

Le tarif appliqué à ce segment se compose de deux termes : un terme fixe appelé prime fixe mensuelle et un terme proportionnel au niveau de consommation et de la durée d’utilisation de la puissance souscrite. Le terme fixe est de 2000FCFA, et le montant total de la prime fixe mensuelle à payer est proportionnel à la puissance souscrite lors de l’abonnement ; si celle-ci est de 2,2 kVA (kilo Volt Ampère), ce montant sera de 4400 FCFA (2000*2,2).

Pour l’éclairage public, les prix de vente de l’électricité aux communes sont de 40FCFA/kWh en saison humide et 46,5FCFA/kWh en saison sèche.

En 2007, une nouvelle grille tarifaire fût mise en place pour les abonnés basse tension, et est marquée par la suppression de la prime fixe et de la tarification par saisons. La principale information de cette nouvelle tarification est l’augmentation de la tranche sociale qui est passée de 50 kWh à 110 kWh.

Ce tableau montre que la suppression de la saison (saison sèche et saison humide) dans la tarification a conduit à un plafonnement des tarifs, qui se situe désormais à 85 FCFA/kWh pour les abonnés utilisant l’électricité à des fins domestiques, et à 92 FCFA/kWh, pour ceux utilisant l’électricité à des fins non domestiques (usage professionnel). Ce plafonnement est connu sous le nom de price-cap, qui a fait son apparition en Grande-Bretagne lors de la privatisation de certaines entreprises de services publics.

Depuis avril 2010, une nouvelle grille tarifaire a été mise en place par l’AES-SONEL, et se présente comme suit :

Cette grille indique à nouveau un plafonnement des tarifs d’électricité, se situant à 95 FCFA/kWh pour les abonnés domestiques et à 96 FCFA/kWh pour les abonnés professionnels.

L'analyse ainsi faite indique qu’en une décennie, l’on a assisté à trois augmentations des tarifs d’électricité. Cette dernière a ainsi marqué le point de discorde entre la tutelle (Ministère de l’Energie et de l’Eau-MINEE), l’Agence de Régulation du Secteur de l’Electricité (ARSEL), et le concessionnaire du service public AES-SONEL. Toutefois, ces augmentations sont elles réellement justifiées ?

2. La hausse des tarifs de l’électricité est–elle réellement justifiée ?

La loi 98/022 du 24 décembre 1998, régissant le secteur de l’électricité avait pour objectif de préparer la privatisation de la SONEL, et consistait à mettre en place un cadre réglementaire adéquat à la gestion du secteur. Elle a été marquée par la création de l’ARSEL (titre 4, chapitre 2), qui est chargée entre autre, comme le précise l’article 42 :

- De veiller aux intérêts des consommateurs et assurer la protection de leurs droits pour ce qui est du prix, de la fourniture et de la qualité de l’énergie électrique;

- De mettre en œuvre, suivre et contrôler le système tarifaire établi, dans le respect des méthodes et procédures fixés par l’Administration chargée de l’électricité (…).

La création de l’Agence de Régulation avait donc pour but de contrôler le repreneur quant aux abus dont les consommateurs pouvaient être victimes, étant donné que la privatisation devait automatiquement s’accompagner d’une augmentation des tarifs de l’électricité.

En parcourant le contrat cadre de concession et de licence en son article 5 (tarifs de vente au détail exclusive), l’on s’aperçoit effectivement que des augmentations sont prévues durant les deux premiers quinquennaux suivant la privatisation, ainsi que les formules de contrôle des tarifs de l’électricité. Ces augmentations sont de l’ordre de 3% pour la première période quinquennale, et de 5% pour la deuxième ; l’ajustement devant se faire sur la base d’une révision d’au moins 10%. La lecture de ce contrat indique donc que les consommateurs devaient faire face à deux augmentations au maximum au bout de dix ans, c’est-à-dire jusqu’en 2011. Cependant, qu’est ce qui peut justifier la troisième augmentation dont on a été victime en avril dernier ?

Pour répondre à cette interrogation, l’on va se référer à l’alinéa 2 de l’article 5 du contrat cadre de concession et de licence, qui stipule que « par dérogation, (…), les formules de contrôle des tarifs, les formules de contrôle des tarifs dérivés ou les formules de contrôle des revenus dérivés pourront être révisés de manière exceptionnelle et à tout moment en cas d’événement imprévisible et extérieur à la volonté de la SONEL ou de l’Agence. (…) A cet effet, la SONEL fera une proposition de révision à l’Agence. La révision de formules de contrôle des tarifs, des formules de contrôle des tarifs dérivés ou des formules de contrôle des revenus dérivés sera effectuée par l’Agence en concertation avec la SONEL. Cette révision pourra s’accompagner, également sur décision de l’Agence, et après consultation de la SONEL, d’une modification des obligations quantitatives et qualitatives de la SONEL (…) »

On constate que cette clause autorise la révision des tarifs de l’électricité à tout moment, à condition que survienne un événement imprévisible. De quel événement imprévisible s’agit-il ? Aucune précision n’est faite à ce niveau dans le contrat, et l’on aimerait bien avoir une liste, fût-elle exhaustive des événements que l’on pourrait caractériser d’imprévisibles selon l’AES-SONEL.

En se référant au dictionnaire français, l’imprévisible renvoie à ce qui ne peut être prévu. Il s’agit en effet d’un événement dont la survenance est inattendue. S’il n’est certes pas aisé de caractériser un tel événement, l’on peut tout de même recenser ceux qui sont jugés normaux ou conventionnels, afin de se faire une idée de ceux que l’on pourrait classer parmi les événements imprévisibles.

Il y a une faille à ce niveau qui donne une marge de manœuvre assez importante à l’AES-SONEL en ce qui concerne les propositions de révision des tarifs auxquelles l’ARSEL ne peut réellement s’opposer. Toute opposition devant entrainer des compensations, comme le précise l’alinéa 3 de l’article 5 : « (…), l’Agence pourra, à titre exceptionnel s’opposer à la révision des tarifs proposés par la SONEL. Dans ce cas, l’Agence, le Ministre chargé du secteur de l’Electricité et le Ministre chargé des Finances détermineront, après consultation de la SONEL, toute forme de compensation appropriée au profit de cette dernière pour compenser son manque à gagner à ce titre. ». Ceci confirme effectivement la marge de manœuvre importante qu’à l’AES-SONEL sur le gouvernement camerounais.

L’augmentation des tarifs de l’électricité a conduit à la diffusion d’un communiqué, sommant l’AES-SONEL de revenir à l’ancienne grille tarifaire. Cette prise de position a marqué une fracture entre le MINEE et l’ARSEL. Cette dernière étant accusée de n’avoir pas respecté l’une des ses obligations contractuelles qui est de préserver les intérêts des consommateurs. L’on a donc assisté à la remise en cause du rôle des uns et des autres. Cependant, l’Agence peut elle réellement s’opposer à l’augmentation des tarifs quand le contrat et le cahier de charges le prévoient ? Nous avons vu ci-dessus que toute opposition ne peut s’accompagner que des mesures compensatoires de la part de l’Etat et après consultation de l’AES-SONEL. Ces mesures ont donc été apportées par l’Etat camerounais, ou alors le seront, pour compenser les manques à gagner de la société. Cette opposition à la hausse des tarifs de l’électricité, par le Ministre de l’Energie, sonne plutôt comme une mesure visant à apaiser les tensions sociales déjà créées au sein des consommateurs.

En somme, on observe que la troisième hausse des tarifs n’est pas une surprise et pourrait ne pas être la dernière sur cette décennie, étant donné que le contrat le prévoit. Toute opposition devant entrainer une compensation de la part du l’Etat. Mais l’Etat aura-t-il les moyens nécessaires pour compenser à chaque fois la hausse des tarifs proposée par le concessionnaire ?

Bien que l’augmentation des tarifs ait constitué le point de discorde entre le MINEE et l’ARSEL, on doit par ailleurs noter qu’elle est bien justifiée et était prévisible d’après l’article 5, al 2 du contrat cadre de concession et de licence.

Les défaillances observées montrent que la privatisation de la SONEL a été mal menée, étant donné que plusieurs clauses sont à l’avantage du repreneur. Tout a donc été biaisé dès le départ et l’on se demande comment tout un Etat s’est laissé emporté et berné par un groupe d’intérêts étranger ? En se focalisant uniquement sur l’article 5 du contrat, l’on pense que sa modification est impérative, afin qu’il ne soit pas uniquement à l’avantage du concessionnaire, cependant l’on devra encore attendre jusqu’en 2021, date butoir de la fin dudit contrat, c'est-à-dire dans dix ans. Gardons espoirs et restons patients.

mardi 20 avril 2010

L'électricité et l'éclairage: y a t-il une différence fondamentale? De quoi a t-on réellement besoin?

L'électricité et l'éclairage: y a t-il vraiment une différence?

Certains diront sans hésiter, l'électricité pour dire l'éclairage, étant donné qu'il n'existe pas selon eux, de différence fondamentale. D'autres par contre feront un choix, par ce qu'ils trouvent qu'il existe une différence nette entre les deux.

L'électricité est obtenue à partir des sources telles que l'eau (hydro électricité); le vent (énergie éolienne); la chaleur du sol (énergie géothermique); le sous sol marin (énergie des marées); le soleil (énergie solaire). La présence d'électricité est indispensable pour les usages domestiques (éclairage, utilisation des appareils...) et professionnels (petit commerce...).

L'on constate donc que l'électricité résout les problèmes d'éclairage et permet aussi de satisfaire les besoins d'information (utilisation de son poste radio par exemple) et de communication (recharge permanente de son téléphone portable par exemple). A ce stade l'on a raison de dire qu'électricité et éclairage sont une seule et même entité.

L'éclairage désigne la présence de lumière dans un espace défini et précis. On dira par exemple qu'une pièce éclairée est une pièce où il y a la présence d'une lumière, quelque soit son origine. En journée, l'on reçoit de la lumière qui provient des rayons du soleil, et il ne s'impose pas la nécessité de s'éclairer à travers l'électricité. A ce stade l'on peut constater qu'électricité et éclairage sont deux entités différentes. L'électricité permet certes d'avoir l'éclairage, mais l'éclairage peut être obtenu en absence d'électricité.

Reprenons la question ci-dessus: de quoi a t-on réellement besoin, de l'électricité ou de l'éclairage?

L'on répondra en disant que cela dépend de sa zone de résidence. En milieu urbain, les ménages disposent des appareils qui nécessitent la présence d'électricité (fer à repasser, réfrigérateur, ordinateurs, téléviseur...), ce qui les rend dépendant de cette forme d'énergie, et ils sont prêts à sacrifier tous les mois une part importante de leurs revenus au paiement de leurs factures, afin de ne pas être en rupture. En faisant le tour dans la théorie économique, on peut considérer l'électricité comme un bien à demande inélastique, c'est à dire un bien dont la demande diminue très peu lors que son prix augmente. En effet, l'augmentation du prix d'un kWh entraîne une réduction très faible de la consommation totale mensuelle. La raison est liée au fait que les appareils disponibles dans le ménage seront toujours utilisés de la même manière que si les prix n'avaient pas subi une augmentation (un réfrigérateur par exemple utilisé pour la conservation des aliments).

En milieu rural par contre les ménages utilisent majoritairement le pétrole lampant pour l'éclairage de leur logement, et ont plus des besoins en éclairage qu'en électricité, étant donné qu'ils ne disposent pas le plus souvent des appareils de forte consommation, ou de consommation continue, tels des réfrigérateurs. En journée, la situation est identique quelque soit le milieu de résidence. tout le monde à accès à l'éclairage, ou mieux tout le monde dispose de la lumière. La nuit tombée, les lampes tempêtes dominent l'éclairage en milieu rural, indiquant ainsi que les besoins de ces derniers sont principalement liés à l'éclairage.

Comment peut-on satisfaire ce besoin en éclairage pour les populations rurales?

Plusieurs solutions sont envisagées: la connexion au réseau principal, la construction des micro centrales hydroélectriques dans les villages, ou l'utilisation des panneaux solaires qui est très coûteuse et nécessite un investissement important ne pouvant pas être supporté par les population rurales. Une solution simple et adéquate pour satisfaire ce besoin serait d'utiliser les lampes solaires.

Il en existe plusieurs, mais l'on va présenter deux types:


Le dispositif de gauche dispose d'un panneau solaire (format A5), d'une lampe rechargeable à partir de cette plaque solaire qui, est aussi utilisée comme chargeur de téléphone portable. Le dispositif de droite dispose d'un panneau solaire (format A4) et d'une lampe rechargeable. Ils sont très pratiques pour les populations rurales qui ne disposent pas d'un éclairage propre et parcourent de très longues distances pour recharger leurs téléphones portables.

Il est donc possible en milieu rural, de remplacer les lampes à pétrole par des lampes solaires, dont l'usage est facile et d'une très grande portée pour l'atteinte des OMD
  • OMD 1: Réduire l'extrême pauvreté et la faim: En milieu rural, l'éclairage par les lampes solaires favorise le développement du petit commerce dans la nuit, étant donné que celui-ci se fait exclusivement en journée;
  • OMD 2 : Assurer l'éducation primaire pour tous: ce dispositif facilite l'étude des enfants en soirée;
  • OMD 3 :Egalité des sexes et autonomisation des femmes: ce dispositif accroît les chances de jeunes filles d'achever un cycle complet d'études primaires, voire secondaire;
  • OMD 4, 5: Réduire la mortalité infantile; Assurer la santé maternelle: Ce dispositif est pratique dans les centres de santé, dispensaires et hôpitaux des zones rurales, pour les consultations infantiles et les accouchements nocturnes, dont certains se font en présence de lampes tempêtes. De plus la mortalité infantile est aussi en partie causée par l'inhalation de la fumée issue de l'utilisation des lampes à pétrole;
  • OMD 7: Assurer un environnement durable: les lampes solaires produisent un éclairage propre qui respecte l'environnement, du fait qu'elles n'émettent pas de CO2, contrairement aux lampes à pétrole traditionnelles qui émettent une quantité importante de gaz carbonique, qui est l'un des principaux gaz à effet de serre.

Site web à consulter: www.lightingafrica.org
Articles à consulter: Cliquer ici ou ICI


dimanche 21 mars 2010

Déterminants et impacts de la fraude des consommateurs d’électricité au Cameroun

Depuis la privatisation de la SONEL le 18 juillet 2001, l'on a assisté à une succession de grilles tarifaires, dont la dernière (2007) a été marquée par un plafonnement des tarifs d'électricité (connu sous le nom de price-cap) pour les consommateurs de la basse tension.

A ces tarifs fluctuants, s'est aussi ajouté l'arrivée de nouveaux compteurs, qui selon les consommateurs, ne respectent pas les normes et contribuent à grossir les consommations mensuelles, entraînant ainsi une augmentation du montant à payer.

Ces éléments suffisent ils à justifier la fraude des consommateurs d'électricité qui va grandissante?

Bien que la fraude soit un délit passible de sanctions, le fraudeur est tout de même un individu rationnel qui cherche à maximiser sa satisfaction, en s'ajustant au comportement de son fournisseur qu'est l'AES-SONEL.

I. Les déterminants de la fraude des consommateurs d’électricité

I.1. La fraude des consommateurs d’électricité : comportement rationnel et pénal

I.2. Les causes de la fraude des consommateurs au Cameroun

II. Impacts de la fraude des consommateurs d’électricité

II.1. Les impacts de la fraude sur les fraudeurs

II.2. Les impacts de la fraude sur les recettes de l’AES-SONEL

A paraître...



vendredi 11 décembre 2009

Energies renouvelables et développement de la région de l'ouest Cameroun

Cette communication a été présentée lors du premier Salon des Communes de l'Ouest (SACO), qui s'est tenu à Bandjoun du 8 au 11 décembre 2009. Il avait pour thème : "la contribution des partenaires et de la diaspora au développement de l'ouest Cameroun".
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La dite communication était intégrée dans la table ronde dont le thème était: "Environnement et importance des énergies renouvelables pour l'amélioration des conditions de vie des populations à l'ouest Cameroun".
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Elle montre que les ménages de la région de l'ouest peuvent contribuer volontairement à hauteur de 366 679 110 FCFA, au financement de leur propre kit solaire, dans le but d'améliorer leurs conditions de vie. Ce consentement à payer permet d'acquérir 1018 kits solaires en un an.

samedi 17 octobre 2009

Le marché de la téléphonie mobile au Cameroun : concurrence déguisée ou monopole concurrentiel ?

Au sens courant, le marché est le lieu où les offres des vendeurs rencontrent les demandes des acheteurs qui s’ajustent à un certain prix. L’offre désigne la quantité de biens et services que les vendeurs sont prêts à céder pour un prix donné. La demande désigne quant à elle la quantité de biens et services que les acheteurs sont prêts à acquérir à un prix donné, compte tenu de leurs revenus et leurs préférences.

Un marché de concurrence se matérialise par la présence de nombreux vendeurs et de nombreux acheteurs, alors que le marché de monopole se traduit par la présence d’un seul offreur qui fait face à de nombreux demandeurs. Le marché de la téléphonie mobile au Cameroun ne correspond à aucun de ces deux types de marchés, car l’on rencontre deux offreurs principaux (MTN et ORANGE), qui font face à plusieurs demandeurs. Il s’agit donc dans ce cas d’un marché que l’on peut caractériser de duopole, qui est un cas particulier d’un marché d’oligopole, que l’on observe lorsqu’il y a la présence de quelques offreurs et de plusieurs demandeurs. Le marché de la téléphonie mobile sera donc caractérisé d’oligopole si l’on considère CAMTEL comme troisième opérateur. On va supposer dans un premier temps qu’il s’agit d’un duopole, puisque l’on s’efforce de faire comprendre à l’opinion que ce dernier opère dans la téléphonie fixe.

Un marché de duopole se caractérise par la présence de deux entreprises qui offrent des biens ou des services satisfaisant le même besoin. Le modèle de concurrence opéré dans ce type de marché peut se faire soit par les quantités offertes par chaque entreprise, soit par les prix proposés aux demandeurs. Le premier modèle est connu sous le nom de duopole à la « Cournot» et le second, de duopole à la « Bertrand » (des noms de ceux qui définissent ces formes d’équilibre). Cournot propose donc une guerre par les quantités et Bertrand, une guerre par les prix. Cependant, il existe une troisième forme, qui n’est pas une concurrence au sens propre du terme : le duopole à la « Stackelberg », qui considère qu’il existe une entreprise « leader » et une autre considérée comme « suiveur ». Le suiveur réagit (c’est à dire offre son produit) en fonction de l’action du leader, qui contrôle une part importante du marché.
.MTN et Orange mènent ils une guerre par les quantités ?
L’offre sur le marché de la téléphonie mobile au Cameroun se caractérise par des produits identiques, offerts à tous les consommateurs : il s’agit du téléphone portable et ses accessoires ; d’une puce et des cartes de crédit de communication.

Le phénomène observé depuis quelques années est celui de l’arrivée des « packs », dont l’achat donnait droit à l’offre d’une puce supplémentaire en plus de celle contenue dans ledit téléphone ; ce qui conduisait l’acheteur à détenir deux puces. Cette technique a été proposée par nos deux opérateurs et seul le prix du pack était considéré comme l’indicateur de convergence vers l’un plutôt que chez l’autre. Ceci montre que la guerre par les quantités offertes tourne donc à une bataille au niveau des prix. L’équilibre réalisé ici n’est donc pas celui de Cournot.

Qu’en est-il de la guerre des prix ?

Les coûts de communication ont connu d’énormes mutations depuis l’arrivée des deux opérateurs sur le marché de la téléphonie mobile. De 340 FCFA la minute au début des années 2000, le coût maximal s’élève aujourd’hui à 180 FCFA par minute. Cette baisse serait-elle le résultat d’une guerre ouverte entre MTN et Orange pour retenir l’attention des consommateurs afin d'accroître leurs parts de marché ?

A partir de 2005, des affiches, banderoles et plaques publicitaires inondent la ville, laissant apparaître cette phrase restée célèbre : « fractionner vos minutes en secondes » ; celle-ci fut accompagnée plus tard d’une autre : « parlez dix secondes et payez dix secondes ». Tels sont en quelques mots, résumé la nouveauté apportée par MTN dans la tarification des appels téléphoniques. Ainsi apparaissait pour la première fois au Cameroun la tarification à la seconde, facturée à 5FCFA. Les consommateurs s’apercevaient qu’ils payaient effectivement pour le temps de communication passé, et non plus pour la minute, autrefois indivisible. Toutefois, la minute de communication passée par cette option restait plus coûteuse que la même minute, passée dans les options classiques et dont le coût était estimé à 240 FCFA.

Le même mode de tarification, que l’on pourrait qualifier de ‘‘copie conforme à l’original’’ a été repris quelques mois plus tard par Orange, du fait de la ruée des nouveaux utilisateurs, vers l’opérateur MTN, et des intentions affichées par les non consommateurs relatifs (ceux qui ne disposaient pas encore d’un téléphone, mais qui étaient susceptibles d’acheter un dans l’avenir).

Cette copie conforme par Orange a conduit MTN à revoir le coût d’une seconde d’appel, qui passait de 5FCFA à 3FCFA, pour les appels de MTN à MTN. Une fois de plus quelques mois plus tard, le même tarif fut proposé par Orange pour les appels en direction de son réseau. On peut constater l’existence réelle d’une concurrence par les prix, ou concurrence à la Bertrand. Cependant, l’on peut se permettre de se poser deux questions :
- S’agit-il d’un duopole à la Stackelberg, où il ya un leader qui est MTN et un suiveur qui est Orange ?
- S’agit-il d’une stratégie mise en place par nos deux opérateurs pour montrer qu’il existe bien sur ce marché une concurrence par les prix ?

Pour répondre à la première interrogation, l’on dira que nous ne sommes pas en présence de ce type de duopole, du fait que certaines offres ont été proposées par Orange, et reprises ensuite par MTN, indiquant ainsi que chaque entreprise se comporte à certains moments comme leader et à d’autres comme suiveur. De plus, le nombre d'abonnés déclaré par chaque opérateur (trois millions chacun) indique bien qu'ils se partagent équitablement le marché, et donc pas de leader et de suiveur.

Puisque nos deux opérateurs en concurrence offrent des services identiques à des intervalles de temps plus ou moins réguliers, l’on peut penser qu’il y a une entente, et donc une concurrence déguisée. Cette offre identique ne conduit pas le consommateur à effectuer un arbitrage rationnel lors du choix de son opérateur. Il est donc le plus souvent guidé dans son choix par celui opéré par ses connaissances (amis, famille…), et au lieu de choisir entre MTN et Orange, il choisi à tout moment entre MTN et MTN d’une part, et Orange et Orange d’autre part. Bref il choisit dans tous les cas le même service proposé par deux opérateurs, qui ne diffèrent que par leurs raisons sociales. Nous sommes donc dans une situation de monopole où il y a deux opérateurs qui font croire en l’existence d’une concurrence sur ce marché.

Que fait l’Agence de Régulation des Télécommunications face à cette situation ?

L’Agence de Régulation des Télécommunications (ART) est l’organe en charge de la réglementation dans ce secteur. Elle doit pour cela protéger les consommateurs des abus qu’ils sont susceptibles de subir de la part de MTN et Orange, notamment en ce qui concerne le coût de la communication qui est jugé élevé par une part importante des consommateurs. Bien que les prix aient connu une baisse, l’on s’aperçoit que ceux-ci pourraient encore baisser sans toutefois occasionner des déficits pour nos deux opérateurs. En effet, l’envahissement de nos trottoirs par les « call-box » montre bien que le coût de la communication est élevé, pour toute personne souhaitant passer un appel de son téléphone portable. Comment expliquer que la minute d’appel de son téléphone portable soit deux à trois fois plus coûteuse que la même minute passée à partir d’un call-box ? Qu’est ce qui peut bien expliquer cette différence ? Nous aimerions tous bien avoir des explications sur cet énorme gap. Si les opérateurs qui octroient des lignes de téléphones pour call-box ne sont pas en mesure de nous donner des arguments convaincants sur cette différence de tarifs, alors l’ART peut tout de même le faire. Puisque l’Agence ne le fait pas, alors on peut conclure qu’elle encourage cette concurrence déguisée et contribue à la constitution d’un monopole sur le marché de la téléphonie mobile. En effet, s’il est possible de communiquer à 75FCFA ou 65FCFA par minute à partir d'un call box, alors cela est aussi possible à partir de son téléphone portable. Pourquoi créer la ruée vers les call-box alors que chaque utilisateur pourrait passer des appels à partir de son téléphone? Nous attendons vivement des explications de l’ART, car elle représente l’organe de défense des intérêts des consommateurs.

L’arrivée du troisième opérateur CAMTEL
Bien qu’opérant dans la téléphonie fixe, l’on a pu observer que cette entreprise s’est aussi lancée dans la téléphonie mobile, dont on dit être « fixe mobile », c’est-à-dire un téléphone qui n’est ni fixe ni mobile ou alors en même temps fixe et mobile, selon l’appréhension de chacun. Le plus important est que l’on constate qu’elle livre une concurrence par les prix avec les deux opérateurs « historiques » que sont MTN et Orange. En effet, le faible coût de la minute de communication montre bien que les tarifs pourraient aussi connaitre une baisse chez les deux autres opérateurs, même si ce coût réduit peut s’expliquer par les infrastructures que dispose la CAMTEL, du fait de son statut d’ex entreprise publique, qui bénéficie des installations de l’Etat. Toutefois cet argument n’est pas suffisant pour expliquer ces faibles coûts de communication, lorsqu’on constate que MTN et Orange permettent de communiquer à des coûts identiques, à partir des call-box.

En somme, on peut dire que l’adoption et la vulgarisation du téléphone portable a permis de faire passer son taux de possession de 7,6% à 44,9% entre 2001 et 2007, soit de 19,9% à 81,4% en milieu urbain, et de 1% à 23,4% en milieu rural sur la même période (sources : ECAM1 et ECAM2). Cependant, l’on note l’existence de deux opérateurs en concurrence dans ce secteur : MTN-Orange et CAMTEL. Les deux premières ne diffèrent que par leurs raisons sociales et mènent une concurrence déguisée entretenue par l’ART, qui a favorisé la constitution de ce monopole. L’arrivée de la CAMTEL dans ce secteur a aussi renforcé la fusion de ces deux entreprises, qui se sont associées pour mieux combattre l’ « ennemi ».

vendredi 14 août 2009

La contribution de l'énergie à la réduction de la pauvreté en milieu rural au Cameroun

L’objectif de cette étude est d’analyser la relation énergie et pauvreté en milieu rural au Cameroun.
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La méthode mise en œuvre consiste en premier lieu à une analyse statistique qui a conduit à l’observation des taux d’accès aux sources d’énergie prises en compte dans l’étude : bois de feu, électricité, gaz domestique et pétrole lampant. En second lieu, l’analyse économétrique s’est attelée à construire un modèle à équations simultanées, dont l’estimation s’est faite par la méthode des doubles moindres carrés.
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Les résultats obtenus montrent que la pauvreté du ménage, ainsi que la distance séparant le logement du poteau électrique expliquent statistiquement l’accès effectif à l’électricité. Ce qui traduit qu’un ménage pauvre a des possibilités limitées d’avoir effectivement accès à l’électricité. La relation énergie et pauvreté a révélé que l’accès effectif à l’électricité explique la pauvreté en milieu rural, ce qui indique que la pauvreté peut aussi être causée par la faible consommation d’énergie. Toutefois, l’accès effectif est une condition nécessaire au développement des activités génératrices de revenus, mais pas suffisante pour réduire la pauvreté en milieu rural. Cette réduction par le biais de l’accès effectif à l’électricité doit se faire à travers l’amélioration du niveau d’instruction et de l’orientation de celui-ci vers l’enseignement secondaire technique.
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samedi 4 juillet 2009

La pauvreté énergétique: qu'est ce que c'est?

Un ménage est pauvre sur le plan énergétique s’il n’est pas capable d’assurer le chauffage de son logement de manière continue et à un coût raisonnable (GORDON, 2002). Cette définition tirée de la littérature est celle utilisée dans les études menées dans les pays développés, précisément en Europe. Au Cameroun, la pauvreté énergétique est définie comme un manque d’accès des populations à des services énergétiques en qualité et en quantité, fiables, efficaces, durables et de manière continue[1].

Alors que la pauvreté énergétique est évaluée dans les pays développés pour les ménages qui disposent de l’électricité, celle-ci est définie au Cameroun en fonction du manque d’accès des ménages à cette source d’énergie. Selon cette dernière, sont considérés comme pauvres sur le plan énergétique, les ménages qui n’ont pas accès à l’électricité. La première approche quant à elle fait intervenir le seuil de pauvreté énergétique, qui correspond au montant des dépenses affecté à l’énergie, en-dessous duquel un ménage sera considéré comme non pauvre sur le plan énergétique. Selon la définition officielle en vigueur au Royaume Uni, sont considérés en situation de pauvreté énergétique les ménages qui doivent utiliser plus de 10% de leur revenu pour couvrir leurs dépenses énergétiques (DEFRA et DTI, 2001).
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Deux éléments principaux permettent de définir la pauvreté énergétique dans un ménage : les revenus et la consommation énergétique (DUBOIS, 2007).

Tout d’abord, la prise en compte du revenu dans la définition de la pauvreté permet de la représenter à travers un seuil ou ‘‘ligne de pauvreté’’, qui peut être absolue ou relative La ligne de pauvreté relative est définie par rapport à la distribution générale des revenus ou de la consommation dans un pays. La ligne de pauvreté absolue est quant à elle ‘‘associée à certaines normes absolues sur les éléments dont les ménages doivent disposer pour couvrir leurs besoins fondamentaux (COUDOUEL et al., 2002). Elle est souvent fondée sur des estimations du coût de certaines denrées de base, par exemple le coût d’un panier de biens nutritionnels.
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Cette approche est rarement employée pour définir la pauvreté énergétique, bien que certaines études l’emploient, à l’instar de celle menée par FOSTER et al., (2000), qui tentent de définir une ligne de «fuel poverty» à partir d’enquêtes sur les ménages au Guatemala. Ils utilisent pour cela les données sur les consommations énergétiques des ménages dont les dépenses par habitant se situent dans une bande de 10% autour de la ligne officielle de pauvreté. La définition employée au Royaume Uni ne fixe pas une telle ligne puisque sont considérées en situation de pauvreté énergétique les personnes qui doivent dépenser plus de 10% de leur revenu pour couvrir leur consommation d’énergie.

La définition de la pauvreté énergétique pourrait donc être représentée sur un graphique semblable à celui ci-dessous, où tous les ménages situés au-dessus de la ligne sont considérés comme pauvres sur le plan énergétique.
La pauvreté énergétique recouvre donc une réalité différente de la pauvreté en général. En effet, certaines personnes peuvent être pauvres mais non en situation de pauvreté énergétique, et réciproquement, il peut exister des personnes non-pauvres mais qui sont cependant en situation de pauvreté énergétique. Ce type de pauvreté n’est donc que partiellement lié aux revenus, puisqu’elle découle aussi de l’importance de la consommation énergétique des ménages.

Le niveau de la consommation énergétique entre dans la définition de la pauvreté énergétique au Royaume Uni, puisque celle-ci s’appuie sur les dépenses énergétiques que les consommateurs «doivent» effectuer. Tout d’abord, certains ménages peuvent affecter moins de 10% de leurs revenus à leur consommation énergétique alors qu’ils devraient consommer plus pour maintenir la température de leur logement à un niveau suffisamment élevé. Ces consommateurs rationnent leur consommation énergétique et il faut donc les inclure dans les populations en situation de pauvreté énergétique.

Ensuite, d’autres consommateurs peuvent dépenser plus de 10% de leurs revenus pour leur consommation énergétique sans pour autant «devoir» réaliser ces dépenses. Ces consommateurs présentent une surconsommation d’énergie, qui peut avoir différentes origines telles qu’un gaspillage, une mauvaise efficacité énergétique de leur logement, etc. Enfin, définir la pauvreté énergétique à partir du budget des ménages consacré aux dépenses énergétiques soulève la question du seuil de pauvreté énergétique.
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Quel est le seuil de pauvreté énergétique au Cameroun?
Quels sont les déterminants de la pauvreté énergétique au Cameroun?
Réduire la pauvreté énergétique peut elle permettre de réduire la pauvreté ?
Pour en savoir plus, se reférer à ma thèse de doctorat

Autres articles qui traitent de cette question: Le concept de pauvreté énergétique; ou en anglais The concept of energy poverty
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COUDOUEL, A. ; HENTSCHEL, J. S. et WODON, Q. T. (2002), ‘‘Mesure et analyse de la pauvreté’’, in : KLUGMAN, J. (Ed.), Poverty reduction strategy sourcebook, World Bank.
DEFRA et DTI (2001), The UK fuel poverty strategy, DTI, London
DUBOIS, U. (2007), ‘‘La pauvreté énergétique : quelles définitions ? Comment la mesurer ? ADIS - GRJM, Université de Paris Sud 11, Version préliminaire.
FOSTER, V., TRE, J. P. et WODON, Q. (2000) ‘‘Energy prices, energy efficiency, and fuel poverty’’, working paper, World Bank.
GORDON. D. (2002), ‘‘Predicting fuel poverty at small area level’’, Rapport, University of Bristol, Townsend Centre for International Poverty Research
[1] Définition tirée du Plan d’Action National Energie pour la Réduction de la Pauvreté (PANERP, 2005).

vendredi 5 juin 2009

Le secteur de l'énergie au Cameroun: organisation institutionnelle et ressources énergétiques

1. L'organisation institutionnelle du secteur de l'énergie


Le secteur de l’énergie au Cameroun est organisé autour de très nombreuses structures administratives et organismes publics et privés :



- La Présidence de la République coordonne les activités du secteur et plus particulièrement celles relatives aux hydrocarbures ;
- Le Ministère de l’Énergie et de l’Eau (MINEE), à travers ses diverses directions (Électricité, Produits Pétroliers et Hydraulique), assure la conception, élabore et veille à l’exécution de la politique énergétique nationale ;
- Les Ministères : Recherche Scientifique de l’innovation (MINRESI) ; Finances ; Industrie et Développement Technologique ; Forêt de Faune ; Transports ; Environnement et protection de la Nature ;
- L’Agence de Régulation du Secteur de l’Électricité (ARSEL) assure la régulation et le contrôle des activités du sous secteur électricité ;
- L’Agence d’Électrification Rurale (AER) assure la promotion de l’électrification rurale ;
- Electricity Development Corporation (EDC), chargé du développement des infrastructures.

Plusieurs autres organismes et industries, publics et privés relèvent également du secteur de l’énergie, à savoir :
i)   Le repreneur stratégique de la concession du service public d’électricité, AES-SONEL[1], qui assure la production, le transport et la distribution d’électricité dans le cadre d’une concession de 20 ans. Elle fait aussi intervenir sa filiale KPDC ;
ii) La Société Nationale des Hydrocarbures (SNH), qui assure la recherche et l’exploration des hydrocarbures et gère les intérêts de l’État dans ce secteur ;
iii)   La Société Nationale de Raffinage (SONARA), qui assure le raffinage du pétrole brut et l’approvisionnement du marché national en produits pétroliers finis ;
iv)  La Société Camerounaise des Dépôts Pétroliers (SCDP), qui assure le stockage et l’approvisionnement des distributeurs de produits pétroliers ;
v)  La Caisse de Stabilisation des Prix des Hydrocarbures (CSPH), qui assure le mécanisme de stabilisation et de péréquation dans la distribution des produits pétroliers finis.

Par ailleurs, un certain nombre d’entreprises privées interviennent dans l’exploration, la production et la distribution des hydrocarbures ainsi que le transport et la distribution du pétrole brut (TOTAL ; ELF SEREPCA ; PECTEN). Pour ce qui est de la distribution de produits finis, diverses entreprises privées sont agréées, notamment : TOTAL ELF FINA ; OILYBIA ; CORLAY ; AZA AFRICA ; TRADEX ; TEXACO ; PETROLEX ; FIRST OIL ; CAMOCO ; SCTM ; CAMGAZ. Quelques sociétés privées agréées assurent le contrôle de qualité des produits pétroliers finis transférés entre plusieurs opérateurs ; il s’agit principalement de HYDRAC, SGS et POLYTECHNICS. D’autres agissent parallèlement dans la filière biomasse : ANAFOR et le Laboratoire de Recherche Energétique du MINRESI.


Au cours de la période 2001-2003, de grandes perturbations sont apparues dans la fourniture d’énergie électrique au sein de la concession du service public. Plusieurs PME se sont lancées dans le secteur des énergies renouvelables notamment dans le domaine du solaire photovoltaïque.
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2. Les ressources énergétiques
Il s'agit précisément de la biomasse, les produits pétroliers, l’électricité et les énergies renouvelables.

Le bois de feu et autres biomasses

La consommation de ce type d’énergie était estimée en 1987/1988, à 18,61% en zone urbaine contre 81,39% en zone rurale. L’évolution de la consommation est la suivante :
Ce tableau montre que la proportion de ménages utilisant le bois de feu s’est réduite de 20,41% en zone urbaine et de 13,67% en zone rurale, entre 1988 et 2005. Toutefois, la consommation totale de bois de feu reste élevée pour l’ensemble du pays en 2005 : 87,3% contre 78% en 2001 ; celle-ci reste néanmoins proche de la consommation enregistrée en 1996, qui s’élevait à 84%[2].

Les produits pétroliers
Ils sont constitués du gaz de raffinerie, du butane, du pétrole lampant, de l’essence, du super, du gasoil, etc. L’on s’intéressera dans le cadre de cette étude à deux de ces produits, à savoir le gaz domestique (gaz butane) et le pétrole lampant.
La consommation totale des produits pétroliers s’élevait à 807,46 KTEP en 1987/1988 et devrait se situer entre 1035,65 KTEP et 2099,54 KTEP en 2010. Le gaz domestique et le pétrole lampant représentaient respectivement pour la même année, 2,46% et 11,61% de cette consommation. Selon le milieu de vie en 2005, 92% de personnes consomment le pétrole lampant en zone rurale et 76,9% en zone urbaine. Par contre, 3,3% consomment le gaz domestique en milieu rural, contre 45,9% en milieu urbain.


L’électricité et les énergies renouvelables
En ce qui concerne l’électricité, le potentiel hydroélectrique est estimé à environ 20 000MW, soit plus de 115 milliards de kWh que le pays pourrait produire chaque année si ces ressources étaient mises en valeur. Les équipements de production sont hydrauliques et thermiques, et la puissance totale installée est d’environ 928MW, dont 723MW pour les trois centrales hydrauliques et 205MW pour les 39 centrales thermiques. Les prévisions situent cette puissance entre 1734MW et 2254MW en 2010[3]. Les trois principales centrales hydrauliques (Mapé, Mbakaou et Bamendjin) ont une capacité totale de 7600 millions de mètres cubes. La production est essentiellement assurée par AES-SONEL et s’élevait à 3919GWh en 2004. Les prévisions la situent entre 6125GWh et 9505GWh en 2010[4], et entre 7091GWh et 17174GWh en 2015[5].


Le réseau de transport est constitué des lignes Haute Tension (HT), Moyenne Tension (MT) et Basse Tension (BT). Le tableau ci-dessous présente la répartition des lignes, le nombre d’abonnés et les quantités d’énergie électrique vendues aux consommateurs :
AES-SONEL gère deux réseaux indépendants de transport et de distribution connus sous les noms de réseau interconnecté sud (90% de la consommation d’énergie) et réseau interconnecté nord, d’une longueur totale de près de 23000 km ; les autres zones du pays (notamment l’Est), qui ne sont pas connectées à ces réseaux, sont alimentées par des centrales diesel indépendantes.

Les énergies renouvelables sont pour la plupart celles qui permettent d’obtenir l’électricité ; on peut classer dans cette catégorie, l’énergie solaire photovoltaïque (électricité à usages domestique ou professionnel, produite à partir de la lumière, à l’aide des panneaux solaires), l’énergie solaire thermique (production de chaleur, par conversion de l’énergie contenue dans le rayonnement solaire), l’énergie éolienne (électricité produite à partir du vent) et l’énergie géothermique (énergie issue de la chaleur du sous sol). Ces deux dernières sources d’énergies ne sont pas encore exploitées au Cameroun, bien que les régions du Nord et de l’Extrême Nord présentent des sites favorables pour le développement de l’énergie éolienne, notamment les villes de Maroua et Kaélé.


[1] Cette cession est intervenue le 18 juillet 2001.
[2] Ces résultats ont été obtenus après les ECAM I et II, et l’enquête GPL.[3] Ces prévisions ont été établies lors de la réalisation du Plan Energétique National de 1990. Elles sont calculées suivant trois hypothèses (Scénarios A, B et C) :
- Scénario A : croissance économique très faible avec échec du Programme d’Ajustement Structurel ;
- Scénario B : croissance modérée et réussite du Plan d’Ajustement Structurel ;
- Scénario C : Réussite du Plan d’Ajustement Structurel et environnement économique international favorable.
[4] Ces prévisions sont faites suivant les scénarios ci-dessus.[5]Ces estimations sont faites sur la base du Plan de Développement du Secteur de l’Electricité 2030 (PDSE-2030).

vendredi 8 mai 2009

Energie et OMD au Cameroun

Dans le but d’engager le 21e siècle sous de bons auspices, les Etats membres des Nations Unies sont convenus de huit objectifs essentiels à atteindre d’ici à 2015 : Réduire l’extrême pauvreté et la faim ; assurer l’éducation primaire pour tous ; promouvoir l’égalité des sexes et l’autonomisation des femmes ; réduire la mortalité infantile ; améliorer la santé maternelle ; combattre le VIH/SIDA, le paludisme et d’autres maladies ; assurer un environnement durable ; mettre en place un partenariat mondial pour le développement.

Afin d’accorder une place de choix aux services énergétiques dans les stratégies de réduction de la pauvreté, quatre aspects positifs liés à la volonté politique des Etats et de la communauté internationale ont été relevés (COVINDASSAMY, 2003) :
- L’importance directe ou indirecte accordée à l’énergie dans la réduction de la pauvreté à travers le NEPAD, de même que sa spécification dans les OMD, et dans le plan d’action du Sommet sur le Développement Durable de Johannesburg[1] ;
- La reconnaissance par les Etats du rôle de l’énergie en tant que facteur clé dans la réalisation des objectifs relatifs à la santé, à l’accès à l’eau, à l’éducation et à la protection de l’environnement
- La recherche de solutions alternatives par les gouvernements et les bailleurs de fonds pour une gestion durable des ressources forestières et une utilisation rationnelle du bois, principale source d’énergie en milieu rural particulièrement ;
- L’intérêt des bailleurs de fonds, notamment la Banque Mondiale, pour financer les projets sur les services énergétiques axés directement sur la réduction de la pauvreté.

La relation ‘‘énergie et OMD’’ au Cameroun sera analysée à travers les huit objectifs; un accent particulier sera mis sur l’énergie électrique.
OMD 1 : Réduire l’extrême pauvreté et la faim

L’accroissement de l’accès à l’électricité a deux impacts directs : il permet l’augmentation de la production par l’usage des machines qui augmentent les rendements agricoles ; il est aussi à l’origine de la multiplication des activités génératrices de revenus et des emplois qui, conduisent à accroître les revenus des ménages ruraux. Cette augmentation des revenus et de la production agricole concourent à l’amélioration des conditions de vie, et donc de la réduction de la pauvreté et de la faim. L’accroissement de l’accès à l’électricité se manifeste d’une part, à travers une offre accrue d’électricité, et par l’intensification de la desserte d’autre part. Cette dernière se matérialise par le subventionnement de 288 300 branchements sociaux, qui permettront à 30% des populations pauvres des zones rurales, et 60% de celle des zones périurbaines d’avoir accès à l’électricité pour des usages domestiques et professionnels.

OMD 2 : Assurer l’éducation primaire pour tous
Il s’agit de donner à tous les enfants, garçons et filles, la possibilité d’achever un cycle complet d’études primaires. L’énergie électrique à l’école favorise les enseignements, améliore les conditions de vie des enseignants et des élèves (éclairage, radio, télévision, étude le soir), et permet l’accès aux TIC, dont les équipements ont besoin d’électricité. Etant donné que 65% d’établissements scolaires publics n’ont pas d’électricité, l’objectif est de desservir 60% d’établissements sociaux et communautaires (établissements primaires et secondaires, systèmes d’adduction d’eau potable, centres de santé, centres sociaux, etc.) pour des besoins d’éclairage, de réfrigération, d’information et de communication.

OMD 3 : Promouvoir l’égalité des sexes et l’autonomisation des femmes

Les services énergétiques favorisent une plus grande éducation des filles qui peuvent se libérer des corvées domestiques (recherche du bois en forêt, approvisionnement en eau, etc.) ; ils réduisent le temps de cuisson au bois de feu et diminuent les effets des fumées inhalées ; ils permettent enfin de multiplier les activités génératrices de revenus par les femmes. L’objectif visé en termes d’éducation au Cameroun était d’éliminer les disparités entre les sexes dans les enseignements primaires et secondaires en 2005, et si possible à tous les niveaux d’ici à 2015. Sur le plan de la cuisson (98,7% des ménages pauvres utilisent le bois de chauffe comme seule énergie de cuisson), l’objectif est de permettre aux populations utilisant la biomasse traditionnelle pour leurs besoins de cuisson, d’avoir accès aux foyers améliorés ou au GPL pour réduire l’usage du bois de chauffe. A cet effet, 10 000 foyers améliorés et 258 000 bouteilles de gaz de 12,5 Kg devront être à la disposition des ménages, afin de permettre à 30% des populations vivant en milieu rural, et 60% vivant en zones pauvres périurbaines de réduire l’usage du bois de feu. En ce qui concerne l’accroissement des revenus, 25% des populations rurales doivent avoir accès à un service énergétique fiable et moderne pour satisfaire aux besoins essentiels tels que l’éclairage, la communication ou les petites activités productives.

OMD 4 : Réduire la mortalité infantile

Les services énergétiques favorisent l’hygiène de la mère et de l’enfant, ainsi que l’efficacité des services de santé de proximité pour les enfants de jeune âge, permettent la conservation des vaccins et des médicaments, et empêchent aux enfants de respirer la fumée provenant de l’utilisation du bois de feu ou des lampes à pétrole. Il est question de réduire de 40% d’ici à 2015, le taux de mortalité des enfants de moins de cinq ans. Ceci nécessite d’une part, l’accroissement de l’utilisation des sources d’énergie modernes par les ménages ruraux (électricité et gaz domestique), et de l’approvisionnement en énergie dans les structures hospitalières. Etant donné que 68% des centres de santé ruraux n’ont pas accès à l’électricité, l’objectif visé est de porter le taux de desserte de 100% dans les structures existantes recensées en 2004, soit 923 centres de santé intégrés.

OMD 5 : Améliorer la santé maternelle

Les services énergétiques améliorent la santé maternelle en favorisant une meilleure couverture vaccinale (conservation des vaccins à proximité des populations) ; ils améliorent les conditions d’accouchement par l’éclairage des salles et l’usage des appareils modernes ; ils favorisent l’affectation des spécialistes dans les zones rurales et améliorent les conditions de travail dans les centres de santé. L’objectif est de réduire d’environ 20% le taux de mortalité maternelle.


OMD 6 : Combattre le VIH/SIDA, le paludisme et d’autres maladies

L’objectif est de stopper la propagation du VIH/SIDA, afin de ramener le taux de prévalence à 9%, de maîtriser le paludisme et d’autres maladies de manière à inverser la tendance actuelle. Les services énergétiques (électricité notamment) favorisent la sensibilisation (radio et télévision), ainsi que la prise en charge des malades à proximité de leurs lieux de résidence. Ils contribuent à la maîtrise du paludisme et d’autres maladies en favorisant la recherche et la diffusion des médicaments essentiels.

OMD 7 : Assurer un environnement durable

Deux cibles principales sont visées ici : la réduction de moitié d’ici à 2015, du pourcentage de la population qui n’a pas accès de façon durable à un approvisionnement en eau potable ; l’amélioration d’ici 2020 de l’habitat des camerounais. Les services énergétiques sont essentiels pour un approvisionnement continu en qualité et en quantité de l’eau potable, par l’usage des pompes électriques. L’un des indicateurs permettant aussi d’assurer un environnement durable est la proportion des aires protégées. En effet, l’utilisation exclusive du bois de feu comme source de cuisson conduit chaque année à la destruction de 100 000 hectares de forêt, ce qui constitue un danger pour l’environnement. En luttant pour leur survie actuelle, les ménages hypothèquent lourdement l’avenir et donnent la priorité à la consommation sur la protection du milieu naturel (GILLIS et al., 1998).

OMD 8 : Mettre en place un partenariat mondial pour le développement

Il s’agit pour le gouvernement de faciliter la mise en place d’une politique de maîtrise de l’énergie comprenant au moins un volet efficacité énergétique, un volet énergies renouvelables, un volet social (tarification), un volet réglementaire de facilitation des partenariats publics privés, dans une optique de convergence des politiques et de renforcement des capacités.
Source: PANERP et commentaires de l'auteur
[1]Sommet qui s’est tenu du 26 Août au 4 Septembre 2002.
COVINDASSAMY, A. (2003), ‘‘La pauvreté énergétique en Afrique’’, Washington, Banque Mondiale, 4p, présenté lors de l’Atelier Multisectoriel Energies Modernes et Réduction de la Pauvreté, ENDA-TM, 4-6 Février, Dakar.
GILLIS, M. ; PERKINS, D. H. ; ROEMER, M. et SNODGRASS, D. R. (1998), Economie du développement, 2e édition, traduction de la 4e édition américaine. De Boeck, Nouveaux Horizons.